Dire que la comédie musicale est un genre remis au goût du jour depuis le tabac de Notre Dame de Paris relève du plus doux des euphémismes. Depuis ce triomphe échevelé, elles fleurissent un peu partout et sur tous les thèmes : «Les 10 Commandements», «Roméo & Juliette»... Séduit par cette approche qui lui permet de travailler en équipe alors qu’il alongtemps composé pour lui seul, Guilhem Routier a eu envie de tenter l’aventure, mais «pas en adaptant des œuvres ou des faits de l’histoire milles fois revus et corrigés, en racontant une intrigue qui m’était propre».

Cette histoire, c’est celle de St Félix de Montceau à Gigean. Normal, toute son enfance a été bercée par la féérie des Son et Lumières qui venaient ponctuer les saisons là-bas. Plongeant l’abbaye de Gigean en pleine époque médiévale, il mêle personnage historiques, comme le roi d’Aragon, et personnages fictifs comme ces deux moniales opposées par leur conception de la vie, rude et ascétique pour l’une, épicurienne et enlevée pour l’autre.

Après cinq mois de casting, Guilhem Routier a réuni autour de lui cinq chanteurs pour endosser les rôles titres et dix figurants, avec lesquels il travaille d’arrache-pied au fil de quatre répétitions par semaine. Si la grande première est prévue pour la mi-juin à l’abbaye de Gigean, l’ensemble de la Troupe présentera vendredi soir, à partir de 20h30 à la Passerelle un florilège de huit chansons extraites de l’œuvre, «témoignant de l’esprit du spectacle». L’occasion de découvrir la comédie musicale de demain et, pour la Troupe, de susciter des vocations de mécène ou de sponsors pour les aider dans leur art.